Je me balade en enfer sous un paratonnerre,
mon esprit s’est enfui.
Enfin je m’éveille,
je suis au grand large,
le cœur dans une bouteille,
– note amère à l’infini –
je me rature dans la marge.
Dans des couloirs à nuage,
ou sur le toit des rêves,
au sortir des marécages,
de retour sur la grève,
quand je serai si mort,
qu’on m’aura tout pardonné,
soufflera le vent encore,
comme si je n’étais pas né.
Je me rature dans la marge,
j’affute mes frayeurs,
et mes sanglots théoriques,
enfin je me charge,
de costumer mes peurs,
de me vider de mes heures,
traduites en statistiques,
je colorie mes pleurs.
Dans des profondeurs ombragées,
ou sur le bitume, l’asphalte,
dans des rêves chevronnés,
où le ciel fait halte,
quand je serai si mort,
qu’on m’aura tout pardonné,
soufflera le vent encore,
comme si je n’étais pas né.
Je me faufile dans le noir,
je raconte mes histoires,
et mes envolées lyriques,
enfin je m’élève,
je suis hors de portée,
je deviens l’élève,
des sphères métaphoriques,
le reste n’est que réalité.
Alors, dans le cœur des pierres,
ou sur des feuilles volantes,
à force d’abécédaires,
dans des rimes qui me hantent,
quand je serai si mort,
qu’on m’aura tout pardonné,
soufflera le vent encore,
comme si je n’étais pas né.